Chahid El-Hafedh (Camps de réfugiés sahraouis), 15 oct 2026 (SPS) Le président de l'Association des familles de prisonniers et de disparus sahraouis (AFAPREDESA), Abdeslam Omar Lahcen, a fait état, jeudi, d'une recrudescence grave et inédite des exactions commises par les forces d'occupation marocaines contre les civils dans les villes occupées et les prisonniers politiques dans les geôles du Makhzen, sur fond de fermeture du territoire aux observateurs internationaux.
Dans une déclaration à l'APS, en marge de la visite d'une délégation de haut niveau du Comité des services de renseignement et de sécurité africains (CISSA) dans les camps de réfugiés sahraouis, Abdeslam Omar Lahcen a indiqué que la situation des droits de l'homme dans les territoires sahraouis occupés connaissait une "grave détérioration, en raison de la poursuite des pratiques répressives de l'occupant marocain à l'encontre du peuple sahraoui".
Il a souligné que les autorités d'occupation continuaient de restreindre les libertés et d'empêcher les observateurs internationaux et les organisations de défense des droits de l'homme de s'enquérir de la réalité de la situation dans la région.
Le président de l'association a également relevé que le blocus imposé au territoire occupé s'étendait aux organisations internationales de défense des droits de l'homme.
Et d'ajouter que les autorités d'occupation interdisent l'accès des observateurs internationaux aux territoires sahraouis occupés, y compris ceux relevant de l'Union africaine (UA), malgré l'importance de leur rôle dans le suivi de la situation sur le terrain.
Il a, en outre, rappelé que la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) ne disposait pas d'un mécanisme de surveillance des droits de l'homme.
Dans ce contexte, l'intervenant a fait observer que le silence de la communauté internationale face aux violations et aux crimes commis contre le peuple sahraoui encourageait l'occupation marocaine à poursuivre et à intensifier ses pratiques répressives.
Il a notamment évoqué la situation de 19 prisonniers politiques sahraouis, dont la majorité observant une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention, les mauvais traitements qu'ils subissent et la privation de leurs droits les plus élémentaires.
Ces détenus réclament la mise en œuvre des résolutions et recommandations internationales relatives à la détention arbitraire, notamment leur libération immédiate et inconditionnelle, ainsi que la traduction en justice des responsables des violations commises à leur encontre, a-t-il précisé.
M. Abdeslam Omar a également évoqué la question des disparus sahraouis, ainsi que les attaques par drones ciblant des civils dans les zones libérées du Sahara occidental. (SPS)