Paris, 13 oct 2026 (SPS) Plusieurs organisations internationales de défense des droits humains expriment leur "profonde inquiétude" face à la dégradation de la santé des détenus civils sahraouis du groupe de Gdeim Izik qui ont entamé une grève de la faim illimitée le 23 septembre, réitérant leur demande de "libération immédiate" de l'ensemble des prisonniers politiques sahraouis dans les prisons de l'occupation marocaine.
"Les organisations soussignées suivent avec une profonde inquiétude l'état de santé des prisonniers en grève de la faim et réitèrent leur demande de libération immédiate de l'ensemble des prisonniers politiques sahraouis", écrivent-elles dans un communiqué conjoint publié mardi.
La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dans le cadre de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains, ainsi que les organisations de défense des droits humains partenaires du projet SOS-Defenders, affirment suivre "les développements de la grève de la faim illimitée entamée par plusieurs prisonniers politiques sahraouis du groupe de Gdeim Izik depuis le 23 septembre 2026 dans les prisons marocaines".
Ces organisations rappellent que cette grève est menée pour "protester contre la poursuite de leur détention et contre leurs conditions td'emprisonnement, fainsi que pour exiger la mise en œuvre des avis et recommandations des mécanismes de défense des droits humains des Nations unies, en particulier ceux émis par les Rapporteurs spéciaux, le Comité contre la torture et le Groupe de travail sur la détention arbitraire concernant leur affaire".
"Ils demandent également leur transfert vers des prisons situées au Sahara occidental afin de garantir leur proximité avec leurs familles", indiquent-elles, soulignant la nécessité de "mettre en œuvre les décisions et avis des mécanismes des Nations unies" concernant le groupe de Gdeim Izik.
"Cette grève intervient plus de seize ans après l'arrestation des membres du groupe de Gdeim Izik, alors qu'ils continuent de subir, ainsi que leurs familles, de graves souffrances liées à leur maintien en détention dans les prisons marocaines", déplorent ces organisations dans leur communiqué.
Face aux risques sanitaires croissants pouvant découler de la poursuite de la grève de la faim ouverte entamée par ces prisonniers politiques sahraouis, le Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l'homme au Sahara occidental (CODESA) a renouvelé son appel urgent à l'ONU et à ses mécanismes compétents en matière de droits de l'homme, en vue d'une action urgente et responsable pour protéger la vie et l'intégrité physique et psychologique des grévistes, garantir le respect de leurs droits fondamentaux et répondre aux revendications humanitaires et relatives aux droits de l'homme qui les ont poussés à s'engager dans cette forme de protestation.
Lundi, une manifestation organisée devant la Délégation générale à l'administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) à Rabat par les familles des détenus civils sahraouis de ce groupe a été violemment réprimée par les forces de sécurité marocaines qui ont procédé à des interpellations massives. (SPS)