Paris, 17 juin 2026 (SPS) – Le Mouvement français contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) a exprimé sa pleine solidarité avec le prisonnier politique Sahraoui Naâma Asfari, en grève de la faim illimitée depuis le 8 juin, et a appelé à la libération immédiate de l’ensemble des prisonniers politiques Sahraouis détenus dans les prisons marocaines.
Dans un communiqué publié mercredi à Paris, le MRAP rappelle que Naâma Asfari a été arrêté à la suite du démantèlement du camp de protestation pacifique de Gdeim Izik en 2010, avant d’être condamné à 30 ans de prison à l’issue de procédures judiciaires qui, selon l’organisation, n’ont pas respecté les normes internationales garantissant un procès équitable.
L’organisation française souligne que le militant Sahraoui a entamé une grève de la faim illimitée pour dénoncer son transfert et sa détention sur le territoire marocain, ainsi que la poursuite de l’occupation du Sahara Occidental par le Maroc.
Le MRAP rappelle également que le Sahara Occidental figure depuis 1963 sur la liste des territoires non autonomes des Nations unies et que, conformément à la Quatrième Convention de Genève de 1949, les Sahraouis doivent être considérés comme des personnes protégées et détenus sur leur territoire d’origine, et non sur celui de la puissance occupante.
Le communiqué met en avant plusieurs décisions d’organes onusiens concernant Naâma Asfari. En décembre 2016, le Comité contre la torture des Nations unies avait conclu que le militant Sahraoui avait subi des actes de torture ainsi que des traitements inhumains et dégradants, demandant au Maroc de lui accorder une réparation adéquate et de mettre fin à toute forme de pression ou de représailles à son encontre et à celle de sa famille.
Le MRAP rappelle également que le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a estimé, dans un avis rendu en août 2023, que la détention de Naâma Asfari et de dix-sept autres militants Sahraouis du groupe de Gdeim Izik était arbitraire, appelant à leur libération immédiate et à leur indemnisation.
L’organisation dénonce par ailleurs la poursuite de la détention des prisonniers Sahraouis à plusieurs centaines de kilomètres de leurs familles, les mauvais traitements qui leur seraient infligés ainsi que les restrictions imposées aux visites familiales, notamment à l’encontre de Claude Mangin, épouse française de Naâma Asfari.
À cet égard, le MRAP appelle le président français et le gouvernement de la France à intervenir auprès des autorités marocaines afin qu’elles respectent leurs obligations internationales, notamment les dispositions de la Quatrième Convention de Genève ainsi que les décisions des mécanismes des Nations unies relatifs à Naâma Asfari et aux prisonniers politiques sahraouis.
(SPS)