Marrakech (Maroc), 12 octobre 2026 (SPS) – Les autorités marocaines ont empêché, lundi, la militante française Claude Mangin-Asfari, épouse du prisonnier civil Sahraoui NaâmaAsfari, d’entrer sur le territoire marocain pour lui rendre visite à la prison locale de Marrakech, tandis que le maire d’Ivry-sur-Seine, Philippe Bouyssou, et la conseillère municipale Claire Delmotte se sont vu refuser l’accès à l’établissement pénitentiaire de Loudaya, selon les informations communiquées à ce sujet.
Claude Mangin-Asfari a été interceptée à son arrivée à l’aéroport de Marrakech, où elle s’était rendue en compagnie de Philippe Bouyssou et de Claire Delmotte. Les deux élus français ont, quant à eux, été autorisés à entrer dans la ville, mais n’ont pas pu rendre visite à Naâma Asfari, citoyen d’honneur d’Ivry-sur-Seine, ni s’enquérir de ses conditions de détention et de son état de santé.
Cette visite s’inscrivait dans le cadre d’un mandat officiel du conseil municipal d’Ivry-sur-Seine, qui a adopté, lors de sa séance du jeudi 8 octobre, une résolution de soutien au combat de Naâma Asfari pour la liberté et de solidarité avec lui face aux violations dénoncées dans son dossier. Cette initiative témoigne de l’engagement des élus locaux français en faveur du respect de ses droits et de l’application des décisions des mécanismes des Nations unies relatifs aux droits humains.
L’interdiction opposée à Claude Mangin-Asfari intervient alors qu’elle est privée de la possibilité de rendre visite à son époux depuis janvier 2019, malgré ses démarches répétées. Cette situation soulève de nouvelles préoccupations quant au respect du droit à la vie familiale et du droit des détenus à recevoir des visites, dans un contexte marqué par les restrictions imposées aux contacts entre le prisonnier civil Sahraoui et son épouse.
Le défenseur Sahraoui des droits humains Naâma Asfari a récemment observé des grèves de la faim pendant 55 jours pour réclamer l’application des décisions et recommandations des mécanismes onusiens de protection des droits humains, notamment celles du Comité des Nations unies contre la torture.
Dans ses décisions relatives à l’affaire de Naâma Asfari et de ses codétenus du groupe de Gdeim Izik, le Comité contre la torture a appelé le Maroc à abandonner les charges retenues contre eux et à les libérer. Ces décisions s’inscrivent dans le cadre des préoccupations internationales concernant les conditions de leur procès et de leur détention.
L’interdiction faite à son épouse de lui rendre visite et le refus d’accès opposé aux élus français relancent ainsi les appels à la mise en œuvre des décisions des instances onusiennes et au respect des droits des prisonniers civils sahraouis, notamment leur droit aux visites et à la vie familiale. (SPS.