Maintien de l'espagnol par les Sahraouis face à l'absence prolongée de l'Institut Cervantès

El pueblo saharaui mantiene viva la lengua española, pero el Instituto Cervantes sigue sin llegar
dim 13/09/2026 - 21:58

Chahid El-Hafedh, 13 sept 2026 (SPS) En dépit d'un demi-siècle de séparation politique avec l'Espagne, la langue espagnole demeure un pilier culturel et linguistique majeur au sein de la population sahraouie.

Enseigné dès la troisième année du primaire dans les écoles des camps de réfugiés, l'espagnol a été préservé et enrichi au fil des décennies, notamment grâce aux cursus universitaires suivis par des milliers d'étudiants à Cuba ainsi qu'au programme annuel d'accueil temporaire des enfants sahraouis dans le cadre du programme «Vacaciones en Paix» en Espagne. 

Selon le ministre sahraoui de l'Éducation, Abdelkader Taleb Omar, l'usage de la langue espagnole est aujourd'hui plus répandu parmi les Sahraouis qu'à l'époque de la présence administrative espagnole.

Cette vitalité linguistique contrastante met en lumière une asymétrie institutionnelle persistante : l'Institut Cervantes ne dispose d'aucune structure permanente dans les camps de réfugiés sahraouis. 

Alors que l'organisme public espagnol déploie un réseau étendu dans les principales villes marocaines, les demandes réitérées d'acteurs culturels et d'organisations de solidarité pour une implantation à Rabouni sont restées sans suite concrète.

Les initiatives d'ouverture d'antennes évoquées ces dernières années, tant dans les camps que dans les territoires occupés à El Aaiún, n'ont pas fait l'objet de consolidation dans les derniers annuaires officiels de l'établissement.

La première démarche collective remontant à 2012, initiée par un collectif d'écrivains internationaux auprès de la direction de l'Institut Cervantes, visait à appuyer un patrimoine linguistique déjà ancré plutôt qu'à introduire une langue étrangère.

Les acteurs de la société civile et les associations comme CEAS-Sáhara rappellent régulièrement que l'implantation de l'Institut permettrait d'apporter un soutien structurel essentiel : fourniture de matériel pédagogique modernisé, programmes de formation continue pour le corps enseignant et accès aux certifications linguistiques officielles pour les étudiants sahraouis.

Pour les observateurs du dossier du Sahara occidental, l'absence d'une représentation permanente de l'organisme culturel espagnol dans les camps souligne le décalage entre la mission de rayonnement de la langue espagnole et la réalité du terrain humanitaire et culturel. 

La reconnaissance institutionnelle de cette communauté hispanophone d'Afrique du Nord reste ainsi au cœur des revendications culturelles portées par les représentants sahraouis et leurs soutiens internationaux. (SPS)

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