El Aaiun occupée, 19 jul 2026 (SPS) Les autorités d'occupation marocaines ont procédé à une campagne de représailles contre les prisonniers civils sahraouis, a déclaré la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis (LPPS) dans les prisons marocaines dans un communiqué .
Dans un tournant inquiétant qui révèle la nature de l'administration pénitentiaire marocaine, les autorités d'occupation ont procédé une campagne systématique de représailles contre les prisonniers civils sahraouis après que ces derniers ont annoncé des grèves de la faim en signe de soutien à leur compagnon, Naama Asfari.
L'administration pénitentiaire de la prison centrale de Kénitra a coupé tout contact avec Naama Asfari, alors qu'il souffre de la détérioration de sa santé, en raison de la grève de la faim illimitée, entamée le 8 juin dernier, a relevé la LPPS.
Sa famille, selon la Ligue n'avait plus reçu son appel hebdomadaire habituel, ce qui suscite de "vives inquiétudes quant à son sort".
D'après les rapports des organisations de défense des droits humains, Asfari a perdu plus de dix kilos, présente une chute alarmante de sa glycémie et souffre d'une fatigue extrême qui met en danger ses organes vitaux.
En signe de protestation contre les mesures de représailles prises à son encontre, Naama a décidé de plus consulter le médecin de la prison et de refuser tout examen médical.
Par ailleurs, la même prison, a procédé à des poursuites disciplinaires contre les prisonniers civils sahraouis Ahmed Sbaï et Hassan Dah, membres du groupe Gdeim Izik, en leur ordonnant de comparaître devant le «conseil de discipline», un mécanisme qui aboutit généralement à l'isolement cellulaire.
Cette mesure est une vengeance pour avoir refusé une fouille humiliante et pour avoir protesté contre les mauvais traitements à l'encontre des prisonniers politiques sahraouis.
Les deux militants ont décidé d'entamer une grève préventive de la faim d'avertissement de 72 heures à compter du mercredi 15 juillet 2026, pour dénoncer la persistance de violations systématiques et la rédaction de rapports truqués à leur encontre.
Selon la Ligue, leurs familles ont signalé n'avoir reçu aucun appel depuis l'annonce de la grève, ce qui laisse présager de graves risques face à l'escalade de la répression à Kénitra.
À la prison de Tiflet 2, le prisonnier civil, Mohamed Lamine Haddi poursuit sa grève de la faim dans des conditions extrêmement difficiles.
Selon la Ligue, il a été encerclé par des gardiens et conduit de force dans un cachot – une cellule disciplinaire – qui ne répond même pas aux critères minimes de la vie humaine, sous la menace d'un doublement de sa peine s'il dénonçait les mauvais traitements.
La Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis tient les autorités marocaines pleinement responsables du sort des prisonniers en grève de la faim et lance un appel "urgent" aux organisations internationales de défense des droits humains, à la presse et au Comité international de la Croix-Rouge, afin de rendre visite aux prisonniers politiques sahraouis.
Elle a également appelé à la libération immédiate et inconditionnelle de tous les prisonniers sahraouis, en leur qualité de prisonniers d'opinion et de conscience. (SPS)