Paris, 9 juillet 2026 (SPS) – L'Association française des amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique (AARASD) a exprimé sa vive préoccupation face à la détérioration de l'état de santé du prisonnier politique Sahraoui Naâma Asfari, qui poursuit une grève de la faim illimitée entamée le 8 juin à la prison de Kénitra, au Maroc.
Dans un communiqué publié jeudi à Paris, l'association indique que Naâma Asfari, membre du groupe des prisonniers de Gdeim Izik, entame sa cinquième semaine de « grève de la faim pour la dignité », afin de dénoncer le non-respect, par les autorités marocaines, de l'Avis 23/2023 du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.
Selon l'AARASD, cet avis onusien appelle à la libération des prisonniers Sahraouis de Gdeim Izik, dont la détention est qualifiée d'arbitraire. Dans l'attente de leur libération, NaâmaAsfari demande également leur transfert vers la prison d'El Aaîun afin de leur permettre de se rapprocher de leurs familles.
L'association souligne que, bien que les autorités pénitentiaires autorisent le détenu à communiquer avec sa famille par téléphone, son état de santé suscite une vive inquiétude en raison d'une perte de poids importante, tout en relevant sa détermination à poursuivre son mouvement de protestation. Elle s'interroge également sur l'absence de réaction de la Délégation générale à l'administration pénitentiaire marocaine alors que la grève de la faim se poursuit depuis plus d'un mois.
L'AARASD estime que la grève de la faim constitue le seul moyen d'action dont disposent les prisonniers politiques Sahraouis pour dénoncer leurs conditions de détention et réclamer le respect de leurs droits fondamentaux.
Dans son communiqué, l'association appelle le Premier ministre français, Sébastien Lecornu, attendu prochainement en visite officielle au Maroc, à intervenir auprès des autorités marocaines afin qu'elles répondent aux revendications de Naâma Asfari et des autres prisonniers de Gdeim Izik et respectent leurs engagements internationaux en matière de droits humains.
L'AARASD rappelle que les prisonniers du groupe de GdeimIzik ont été condamnés à de lourdes peines à l'issue de procès qualifiés d'iniques par plusieurs instances internationales. Elle souligne également que le Comité des Nations unies contre la torture (CAT) a condamné à plusieurs reprises le Maroc pour des actes de torture et l'utilisation d'aveux obtenus sous la contrainte contre des membres de ce groupe, dont NaâmaAsfari, ajoutant que quatre nouvelles décisions rendues publiques le 20 mai dernier réaffirment, selon elle, le caractère systémique de la torture et l'urgence de leur libération.
(SPS)