Paris, 13 juin 2026 (SPS) – L’Association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique (AARASD-France) a lancé une vaste campagne de mobilisation internationale en faveur de la libération des prisonniers politiques Sahraouis du groupe de Gdeim Izik, tout en appelant les organisations de défense des droits humains à soutenir la grève de la faim illimitée entamée par le prisonnier politique Sahraoui Naâma Asfari.
Dans une lettre ouverte adressée aux principales organisations internationales de défense des droits humains, l’AARASD souligne que Naâma Asfari a engagé cette action après plusieurs grèves de la faim de 48 heures menées entre avril et mai 2026 afin d’exiger l’application de l’Avis n°23/2023 du Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, qui a conclu au caractère arbitraire de la détention des prisonniers de Gdeim Izik et demandé leur libération immédiate.
L’association rappelle que les autorités marocaines n’ont donné aucune suite à cet avis onusien malgré les nombreuses recommandations émanant des mécanismes internationaux de protection des droits humains.
L’AARASD a également adressé une lettre à l’Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental, M. Staffan de Mistura, l’exhortant à intervenir en faveur de la libération des détenus sahraouis de Gdeim Izik, emprisonnés depuis plus de seize ans.
Dans ce courrier, l’association rappelle que plusieurs décisions du Comité des Nations unies contre la torture ont conclu à des violations de la Convention contre la torture dans les affaires concernant plusieurs membres du groupe de Gdeim Izik, notamment Naâma Asfari, Sidi Abdallah Abbahah, Abdeljalil Al-Aaroussi, Mohamed Bourial, Mohamed Bani, Hassan Dah, Mohamed Lamin Haddi, Ahmed Sbai et Sidi Ahmed Lemjiyed.
Selon l’AARASD, ces décisions ont établi que les condamnations prononcées à leur encontre reposaient notamment sur des aveux obtenus sous la torture ou la contrainte, sans qu’aucune enquête indépendante et effective n’ait été menée sur les allégations formulées par les détenus.
L’association estime que le maintien en détention des prisonniers de Gdeim Izik, malgré les constatations des mécanismes onusiens, soulève de sérieuses préoccupations quant au respect par le Maroc de ses obligations internationales, notamment au titre du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et de la Convention contre la torture.
L’AARASD considère également que la question des prisonniers de Gdeim Izik constitue une dimension humanitaire et politique du conflit du Sahara Occidental et qu’une libération des détenus représenterait une mesure de confiance importante susceptible de contribuer aux efforts des Nations unies en faveur d’une solution juste et durable au conflit.
Dans sa lettre à l’ONU, l’association demande notamment à l’Envoyé personnel du Secrétaire général d’encourager le Maroc à mettre en œuvre les décisions du Comité contre la torture, à se conformer à l’Avis n°23/2023 du Groupe de travail sur la détention arbitraire et à inscrire la question des prisonniers de Gdeim Izik parmi les mesures humanitaires accompagnant le processus politique mené sous l’égide des Nations Unies.
Parallèlement, l’AARASD appelle les organisations nationales et internationales de défense des droits humains à renforcer leur mobilisation et leur solidarité avec NaâmaAsfari et l’ensemble des prisonniers politiques Sahraouis détenus dans les prisons marocaines.
(SPS)