Laayoune occupée, 13 Jan 2026 (SPS) Les autorités marocaines ont expulsé, mardi, les membres d'une mission espagnole d'observation des droits humains après les avoir empêchés de descendre d'un avion qui venait d'atterrir à Laâyoune, dans les territoires occupés, du Sahara occidental, annoncent des médias espagnols.
Selon la presse espagnole, la délégation formée de personnalités politiques des îles Canaries n'a pas été autorisée à débarquer de l'avion à son arrivée à l'aéroport, ce qui n'a pas empêché ses membres d'exprimer leur solidarité avec le peuple sahraoui et de rappeler la légitimité de sa lutte pour l'indépendance de son pays.
Le conseiller à la coopération institutionnelle et à la solidarité internationale du Conseil de l'île de Grande Canarie (Gran Canaria), Carmelo Ramirez, a rappelé aux membres des services de sécurité marocains que leur pays n'avait aucune autorité sur le Sahara occidental.
"Vous n'avez aucune souveraineté sur le Sahara occidental. Vous l'occupez violemment depuis 1975. Vous l'occupez par la force. Vous maltraitez la population sahraouie pacifique qui vit sur ce territoire. Vous pillez ses ressources naturelles. Vous violez tous les accords internationaux", s'est-il insurgé. "Vous n'avez pas le droit d'être ici. Et si vous nous traitez ainsi, comment traiterez-vous les Sahraouis ?" a-t-il ajouté.
Il a également signifié à l'un des agents marocains qu'il se trouvait lui-même en situation illégal en montant à bord de l'avion espagnol sans autorisation.
"Vous vous trouvez en territoire espagnol, et non marocain ou sahraoui, puisque vous êtes à bord de l'avion. C'est illégale, sans l'autorisation du commandant de bord", a-t-il lancé.
La délégation espagnole comptait, en plus de M. Ramirez, la députée de Podemos, Noemi Santana Perera, et le secrétaire à la communication de Podemos Canarias, Fernando Ruiz Pérez.
Les trois responsables politiques s'étaient rendus au Sahara occidental, mardi, pour y mener "une mission d'observation des droits humains auprès du peuple sahraoui".
L'interdiction opposée par les autorités marocaines "constitue un acte de répression inacceptable et une obstruction au travail pacifique de surveillance des graves violations systématiques des droits humains subies par la population sahraouie", ont dénoncé les membres de la délégation dans une déclaration à la presse espagnole.
"Le Maroc maintient un régime d’impunité qui permet les arrestations arbitraires, la torture, les disparitions forcées, les procès entachés d'irrégularités et la persécution constante des militants et des défenseurs des droits humains, ainsi que l’emprisonnement de militants politiques sahraouis pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression et à l’autodétermination", ont-ils ajouté.
"Nous condamnons fermement cette expulsion et dénonçons l’obstruction systématique par le Maroc de l’accès aux territoires occupés aux délégations, observateurs et organisations solidaires, dans le but de réduire au silence la population sahraouie et de dissimuler la répression dont elle est victime. L’expulsion de cette délégation souligne la gravité de la situation et la violation continue des droits fondamentaux du peuple sahraoui", a indiqué, par ailleurs, la délégation dans un communiqué à son retour aux îles Canaries.
Les membres de la délégation ont réaffirmé, dans le même communiqué, leur "engagement en faveur de la défense des droits de l'homme et de la solidarité avec le peuple sahraoui, ainsi qu'avec son droit inaliénable à l'autodétermination, reconnu par le droit international".
Ils ont exigé "la fin de l'occupation, la libération immédiate des prisonniers politiques sahraouis et la tenue d'un référendum libre et équitable sur l'autodétermination, conformément aux résolutions des Nations unies".
En 2025, les autorités de l'occupation marocaine ont expulsé 27 étrangers dont des parlementaires, des défenseurs des droits de l'homme et des journalistes venant d'Espagne, des Etats Unis d'Amérique et du Portugal dans le cadre du blocus imposé aux territoires sahraouis occupés.(SPS)