Alger, 05 nov 2026 (SPS) Le ministre des Affaires étrangères et des Affaires africaines, Mohamed Yeslem Beissat, a affirmé que l’utilisation du droit de veto par la Fédération de Russie au Conseil de sécurité de l’ONU avait permis de contrecarrer une tentative visant à dénaturer le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Lors d’un entretien accordé à la chaîne algérienne Ennahar, le chef de la diplomatie sahraouie s'est exprimé sur les récents arbitrages au sein des Nations unies. Selon M. Beissat, le projet de résolution initialement soumis par les États-Unis présentait un caractère déséquilibré et s'écartait des normes internationales consacrant le droit à l'autodétermination des peuples.
Il a précisé que le veto russe a empêché le Conseil de valider un texte qui aurait compromis la recherche d'une solution juste et consensuelle.
Le ministre a particulièrement souligné la portée politique de cet événement diplomatique, rappelant qu'il s’agissait de la première situation de double veto observée sur le dossier sahraoui depuis 1975.
Malgré les divergences sur la rédaction du texte américain, M. Beissat a noté que l'ensemble des membres du Conseil de sécurité — y compris les États ayant soutenu l'initiative américaine — ont réaffirmé leur attachement de principe au droit du peuple sahraoui à disposer de lui-même.
Selon le responsable sahraoui, un consensus autour de l'autodétermination et du soutien au mandat originel de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) reste envisageable, à condition de dépasser ce qu'il a qualifié de partis pris en faveur de la position marocaine.
Évoquant l'initiative d'autonomie portée par Rabat depuis 2007, M. Beissat a estimé que celle-ci se trouvait aujourd'hui dans une impasse, malgré près de deux décennies d'intenses démarches diplomatiques et de lobbying visant à faire de son plan l'unique cadre de règlement à l'ONU.
Le Maroc a échoué dans sa tentative d'imposer son option au Conseil de sécurité et de contourner le processus international de décolonisation, a-t-il conclu.(SPS)