New York (États-Unis), 07 août 2026 (SPS) Le représentant du Front POLISARIO auprès des Nations unies et coordinateur avec la MINURSO, Dr Sidi Mohamed Omar, a "fermement" condamné l'attitude du régime marocain suite aux récents événements survenus dans la ville espagnole de Ceuta.
S'exprimant jeudi lors d'une interview accordée à la chaîne internationale RT (service anglophone), le diplomate sahraoui a affirmé que Rabat continue d'utiliser sa propre population comme «chair à canon» et comme un moyen de pression pour atteindre ses objectifs politiques régionaux.
Revenant sur le drame humanitaire qui a secoué l'enclave espagnole, où entre 60 000 et 70 000 personnes ont franchi la frontière — causant au moins 72 morts selon les estimations espagnoles.
Le responsable sahraoui a présenté ses condoléances aux familles des victimes tout en déplorant l'absence de deuil national du côté marocain. Sur le plan sécuritaire, le diplomate a souligné le contraste saisissant entre le statut hautement fortifié des frontières extérieures de l'Union européenne à Ceuta et Melilla et la facilité déconcertante avec laquelle des milliers de migrants ont pu traverser le jour des faits, pointant la complicité directe de l'appareil sécuritaire de l'occupant marocain.
Pour étayer ses accusations, Dr Sidi Mohamed Omar s'est appuyé sur les témoignages recueillis par l'Agence France-Presse (AFP) et les images circulant sur les réseaux sociaux montrant des véhicules militaires marocains acheminer des civils vers la frontière.
Selon le représentant auprès de l'ONU, ces manœuvres s'inscrivent dans une longue tradition de chantage d'État initiée dès 1975 avec la «Marche noire» vers le Sahara occidental, une stratégie historiquement conçue pour contraindre Madrid puis Bruxelles à céder aux ambitions territoriales et politiques de Rabat.
Enfin, le diplomate sahraoui a déconstruit le récit diplomatique présentant le Maroc comme un «partenaire stratégique» de l'Europe en matière de sécurité et de gestion migratoire. Tout en rappelant que l'Union européenne a versé environ 500 millions d'euros à Rabat depuis 2021 pour le contrôle des flux.
Le diplomate sahraoui a affirmé que les faits démontrent le contraire : le Maroc demeure une source constante d'instabilité globale, s'illustrant par l'incapacité à contenir les crises migratoires, la présence de ressortissants marocains dans plusieurs attentats sur le sol européen, et son statut de premier producteur mondial de cannabis, selon les données des Nations unies. (SPS)