Le collectif Catalan Liberté Sahraoui.es interpelle AZURA : « Dajla est au Sahara Occidental, pas au Maroc »

فرنسا
lun 01/06/2026 - 20:02

Perpignan, 1er juin 2026 (SPS) – Une nouvelle campagne citoyenne et syndicale vient de mettre en cause le groupe agro-industriel AZURA Group pour ses activités au Sahara Occidental occupé. À travers une lettre ouverte et une pétition publique, le Collectif Catalan Liberté Sahraoui.es et plusieurs organisations françaises exigent que l'entreprise respecte les décisions de la justice européenne, mette fin à la présentation de Dajla comme une ville marocaine et garantisse un étiquetage conforme à l'origine réelle des produits exportés vers l'Europe.

Pour les initiateurs de la campagne, la question dépasse le simple cadre commercial. Elle touche au respect du droit international, au droit du Peuple Sahraoui à disposer de ses ressources naturelles et à l'obligation des entreprises opérant sur le marché européen de ne pas contribuer à la normalisation de l'occupation du Sahara Occidental.

Dans leur lettre, les signataires dénoncent les communications du groupe AZURA qui présentent Dajla comme située dans le « sud du Maroc ». Une formulation qu'ils considèrent contraire aux décisions de la justice européenne, laquelle a rappelé à plusieurs reprises que le Sahara Occidental possède un statut « séparé et distinct » de celui du Maroc.

Les organisations rappellent notamment que la Cour de justice de l'Union européenne a confirmé, le 4 octobre 2024, que les accords conclus entre l'Union européenne et le Maroc ne peuvent être appliqués au Sahara Occidental sans le consentement du Peuple Sahraoui. Elles soulignent également que la même juridiction a jugé que les tomates et melons cultivés au Sahara Occidental doivent être identifiés comme provenant du Sahara Occidental et non du Maroc.

Selon les promoteurs de la pétition, l'enjeu est également celui de la transparence vis-à-vis des consommateurs européens. Ils estiment que la commercialisation de produits sahraouis sous une origine marocaine contribue à masquer la réalité juridique du territoire et à priver les consommateurs d'une information exacte sur la provenance des marchandises.

La campagne met aussi en avant les conséquences économiques et environnementales de l'agriculture intensive développée dans la région de Dajla. Les signataires dénoncent un modèle agro-industriel fondé, selon eux, sur l'exploitation intensive des ressources hydriques du désert et sur une concurrence qu'ils jugent déloyale vis-à-vis des producteurs européens. Ils affirment que les bénéfices tirés de ces activités ne profitent ni au Peuple Sahraoui ni aux petits agriculteurs de la région.

« Une entreprise ne peut pas construire son image de responsabilité sociale sur l'effacement d'un peuple », écrivent les auteurs de la lettre ouverte, qui accusent AZURA de contribuer à la banalisation de l'occupation du Sahara Occidental en présentant ce territoire comme une simple région de production marocaine.

Les signataires demandent à l'entreprise de corriger immédiatement ses supports de communication, d'indiquer clairement « Sahara Occidental » comme origine des produits concernés, de publier la liste de ses activités et partenaires opérant dans le territoire occupé et de démontrer comment elle entend respecter le consentement libre et authentique du Peuple Sahraoui pour toute exploitation de ressources naturelles.

À défaut d'une réponse publique de l'entreprise, les organisations annoncent leur intention de saisir les institutions compétentes, les autorités de contrôle européennes ainsi que les réseaux de solidarité et de défense des consommateurs.

Cette initiative est soutenue par plusieurs organisations politiques, syndicales et associatives françaises, parmi lesquelles la Confédération paysanne, la Ligue des droits de l'Homme, le MRAP, SUD-Solidaires, les Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique et diverses organisations de solidarité avec le Peuple Sahraoui.

Pour les organisateurs de la campagne, le message est clair : les arrêts de la justice européenne doivent être appliqués, les ressources du Sahara Occidental ne peuvent être exploitées sans le consentement de leur propriétaire légitime, le Peuple Sahraoui, et aucune entreprise ne doit pouvoir tirer profit de la confusion entretenue autour du statut du territoire.

(SPS)

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