Sahara Occidental: la politique coloniale du Maroc fortement dénoncée par la Commission de décolonisation de l’ONU

New York, 11 oct 2016 (SPS) La majorité des Etats membres participant aux travaux de la commission de l'ONU chargée des Politiques spéciales et de la décolonisation ont parlé lundi d’une seule voix pour dénoncer les pratiques coloniales honteuses du Maroc au Sahara Occidental.

"Il est temps de mettre un terme à l’occupation marocaine du Sahara Occidental". "L’ONU est tenue de s’acquitter de sa responsabilité vis-à-vis du peuple sahraoui par l’organisation d’un référendum d’autodétermination".

"Il  est temps que le peuple sahraoui jouisse pleinement de ses droits sur son pays et rejoignent sa place parmi nous aux Nations Unies", ont, notamment clamé les représentants de plusieurs pays qui sont intervenus à la clôture d’un débat général sur la décolonisation organisé par cette commission.

Affaibli par ce constat et n’ayant pas d’arguments de fond même pour prétendre défendre l’indéfendable, le représentant du Maroc, Omar Hilal, connu pour ses excès en tout genre, s’est mis à attaquer les Etats membres en particulier l’Algérie et le Venezuela.

Omar Hilal a été d’abord ridiculisé par le représentant permanent du Venezuela qui a démontré sans équivoque, séance tenant, les limites du diplomate marocain qui a recouru à une fuite en avant pour détourner l’attention sur la question de la décolonisation du Sahara Occidental.

Il a vu ensuite ses manoeuvres s’effondrer devant l’argument incontestable du représentant de l’Algérie, M. Sabri Boukadoum qui a relevé devant  les délégations présentes à ce débat les questionnements de fond relatifs à la mission encore inachevée de l’ONU concernant le processus de décolonisation de l’Afrique.

Le représentant de l’Algérie a mis le Maroc face à ses responsabilités en tant que puissance occupante du Sahara Occidental, dernière colonie d’Afrique, qui ne cesse de faire recours à la politique d’obstruction tous azimut au processus onusien.

Depuis la première résolution du Conseil de sécurité en 1975 déplorant l’envahissement du Sahara Occidental par le Maroc et exigeant son retrait immédiat de ce territoire et jusqu’au dernier texte adopté en avril 2016, le Conseil de Sécurité a insisté sur le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui en demandant la tenue d’un référendum confiée à la  Minurso , dont le mandat a été reconduit pour mener à terme cette mission.

Une réalité que l’Ambassadeur du Maroc a évité d’y faire face, en se cachant derrière une politique de l’autruche et en mettant en avant une soi-disant proposition d’autonomie qui a démontré ses limites comme en témoigne la déclaration du secrétaire général de l’ONU de novembre 2015 et les résolution successives du Conseil de sécurité qui reconduisent d’année en année le plan de règlement de 1991.

L’Ambassadeur d’Algérie a rappelé à ce titre que les accords de Madrid de 1975 auxquels Omar Hilal se réfère consacrent une autre preuve irréversible que le Maroc n’a aucun droit sur le Sahara Occidental, car ces accords impliquaient le partage de ce territoire entre Rabat et la Mauritanie (régime de Mokhtar Ould Daddah).

Et si, comme le représentant marocain le prétend, "les populations sahraouies dans les territoires occupés vivent dans un paradis et que celles dans les camps de réfugiés souffrent l’incarcération et les violations des droits de l’homme, pourquoi le Maroc aurait-il peur d’un referendum?", s’est interrogé l’Ambassadeur Boukadoum,  avant d’ajouter que dans "ce cas-là les résultats d’une telle consultation référendaire permettraient nécessairement à ceux qui sont incarcérés d’opter pour rejoindre l’autre camp".

En répondant à Omar Hilal, le représentant de l’Algérie s’est demandé pourquoi le Maroc refuse toujours d’accueillir une mission d’enquête dans la région s’il est vraiment persuadé de ses propos.

C’est sur cette note que le représentant de l’Algérie a lancé un défi au Maroc de faire, pour une seule fois, preuve de sérieux et de bonne foi et de reprendre les négociations avec le Front Polisario, la deuxième partie du conflit. (SPS)

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