Les actes de torture subis par les 15 étudiants sahraouis détenus au Maroc dénoncés

Paris, 27 fév 2018 (SPS) La Mission d’observateurs internationaux au procès en appel des 15 étudiants sahraouis détenus au Maroc a dénoncé les actes de torture subis par les accusés, demandant de diligenter une enquête sur ces faits.

"Nous invitons l’Etat marocain et son administration judiciaire à respecter l’article 23 de la Constitution marocaine relative au droit à un procès juste et au respect de la présomption d’innocence, à diligenter une enquête sur les actes de torture subis par les accusés et d’autoriser une expertise indépendante sur l’application du protocole d’Istanbul et à respecter les termes de la convention contre la torture (CAT), pourtant ratifiée par le Royaume du Maroc", ont déclaré les signataires, d'un communiqué parvenu mardi à l'APS, qui ont participé le 13 février 2018 comme observateurs internationaux au procès en appel du groupe d’étudiants sahraouis connus sous le nom de "Compagnons d’El Ouali".

Arrêtés dans les premiers mois de 2016 et incarcérés à la prison d’Oudaya près de Marrakech, le procès des étudiants a été reporté 12 fois avant de se tenir le 9 mai 2017, soit près d’un an et demi après leur arrestation.

Initialement au nombre de 18, trois d’entre eux ont été libérés depuis. Ils ont été arrêtés à la suite d’une manifestation pacifique qui eut lieu le 23 janvier 2016 à Marrakech pour protester contre les multiples discriminations exercées par les autorités marocaines et les professeurs d’université à l’encontre des étudiants sahraouis, ainsi que l’impunité dont jouissent les responsables, des étudiants marocains, à la suite de l’agression dont a été victime Lazaar Yahia, un étudiant sahraoui de l’université de Marrakech en décembre 2015.

Les six observateurs, un Français, un Portugais et quatre Espagnols, se sont dits "très préoccupés" par "l’incapacité" de la justice marocaine, depuis deux ans, à montrer "le moindre élément crédible" étayant l’accusation dont font l’objet ces étudiants, par l’empêchement des familles des prisonniers d’assister à l’audience du 13 février 2018, alors qu’il s’agissait d’une audience publique et par la situation sanitaire et psychologique des étudiants, dont les conditions de détention "dérogent aux  conditions de détention standards".

Ils évoquent à cet égard la torture physique et psychologique lors des interrogatoires, la négligence médicale de la part de l’administration pénitentiaire, les tracasseries diverses imposées aux prisonniers et à leurs proches, les conditions de vie dans leur cellule, soulignant la violation des standards minimaux de traitement des prisonniers exigés des Nations unies (the Nelson Mandela Rules).

Rappelant le caractère "arbitraire" de l’incarcération de ces jeunes sahraouis, dont la vie universitaire et personnelle sera "inévitablement lourde", les observateurs appellent les organisations internationales de protection des droits de l’homme, les organisations étudiantes, les syndicats universitaires, les partis politiques et élus européens, à informer et à se mobiliser autour de leur situation. (SPS)

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