L'aide de l'UE aux réfugiés sahraouis conforme aux principes humanitaires

Bruxelles, 08 avr 2017 (SPS)  La réalisation en 2015 des principaux projets financés par l'Union européenne (UE) dans le cadre de l'aide humanitaire apportée aux réfugiés sahraouis dans les cinq camps près de Tindouf a entraîné, en 2016, une révision à la baisse de cette aide qui reste, néanmoins, conforme aux principes humanitaires, a affirmé le Commissaire européen chargé de l'aide humanitaire, Christos Stylianides.

"En 2016, l'enveloppe a été réduite à 9 millions d'euros, principalement en raison du fait que le cycle des investissements importants a été réalisé, notamment les entrepôts et les systèmes d'eau qui avaient été finalisés en 2015", a-t-il expliqué dans sa réponse à l'eurodéputé Enrique Guerrero Salom qui s'inquiétait des conséquences de la "réduction drastique" de l'aide européenne au profit des réfugiés sahraouis.

Toutefois, le Commissaire Stylianides a assuré que l'aide apportée par l'UE aux réfugiés sahraouis répond aux exigences de l’outil d’identification des crises oubliées (FCA) qui permet de définir le niveau de l'aide humanitaire, et à l'évaluation qualitative effectuée par les experts humanitaires de la Commission.

Le service de la Commission européenne à l’aide humanitaire et à la protection civile (ECHO) a mis au point un cadre pour évaluer et analyser les besoins spécifiques de chaque pays et de chaque crise. Ce cadre fournit les fondements factuels nécessaires à la priorisation des besoins, l’allocation des fonds, et au développement de plans d’exécution de l’aide humanitaire (HIP).

"Afin de promouvoir une approche régionale plus stratégique, depuis 2016, le plan d’exécution de l’aide humanitaire (HIP) inclut  tous les pays d'Afrique du Nord (sauf l'Egypte) et ne se concentre pas exclusivement sur la crise sahraouie", a-t-il fait savoir, assurant que cette nouvelle démarche de l'UE "n'affecte pas le niveau de financement alloué à la crise sahraouie".

Selon le Commissaire européen à l'aide humanitaire, l'UE a consacré plus de 220 millions d'euros d’aide humanitaire à cette crise.

"De 2012 à 2015, le soutien de l'UE a été stable à 10 millions d'euros par an, soit environ 40% de l'ensemble du financement international consacré à cette crise", a-t-il ajouté.

Dans une question écrite adressée à la Commission européenne, l'eurodéputé Enrique Guerrero Salom a affirmé que la révision à la baisse de l'aide humanitaire apportée par l'UE aux réfugiés sahraouis a entrainé "un manque important" dans les approvisionnements nécessaires pour satisfaire les besoins de base de milliers de réfugiés qui résident dans les cinq camps.

Pour Enrique Guerrero Salom, l'absence d'analyse, d'évaluation permettant l'identification des besoins des réfugiés sahraouis et la révision à la baisse du nombre de réfugiés nécessitant une assistance a été à l'origine de cette "réduction drastique" du montant de l'aide.

Situation des réfugiés sahraouis: une crise oubliée pour l'UE

Selon le service aide humanitaire et protection civile (ECHO) de la Commission européenne, le financement total de l'UE au titre de l'aide humanitaire aux réfugiés sahraouis n'était que de 9 millions d'euros en 2016, contre 10 millions par le passé.

Pourtant, la Commission européenne a qualifié la situation de ces réfugiés de "crise oubliée" en raison de peu de fonds qui lui sont consacrés par la communauté internationale.

En 2016, la situation des réfugiés sahraouis continue d'être considérée comme une grave crise oubliée  , a affirmé le Commissaire Stylianides.

Les réfugiés sahraouis, qui vivent dans 5 camps différents dans la région de Tindouf, n’ont qu’un accès limité aux ressources extérieures et l’aide internationale demeure essentielle à leur survie. Ils dépendent largement de l’aide internationale dans tous les domaines et l’aide alimentaire est l’un des volets les plus cruciaux.

L'état de dépendance prolongé des réfugiés sahraouis à l'aide humanitaire, l’aspect oublié de cette crise et la fatigue des donateurs, se traduisent souvent par des ruptures répétées dans les approvisionnements, entraînant une situation humanitaire instable.

Le député européen a exhorté, dans ce contexte, la Commission européenne à s'expliquer sur son revirement et sur les raisons qui l'ont poussé à ne plus prêter une attention particulière à cette crise humanitaire des réfugiés sahraouis.

"La Commission pourrait-elle expliquer pourquoi, alors que de nombreux éléments sont restés inchangés, la crise des réfugiés sahraouis est passée d'une grave crise oubliée en 2011 à la seule du genre en 2014, puis déclassée à la septième position sur la liste des crises oubliées en 2016?", s'est-il interrogé.

Un autre facteur important, à savoir la sécurité des équipes humanitaires, inquiète l'eurodéputé Salom qui a exhorté l'exécutif européen à s'engager à poursuivre, dans les trois prochaines années, le financement du système de sécurité mis en place en 2012, conjointement par l'Agence espagnole de coopération internationale pour le développement et le service ECHO de la Commission.

L'UE se présente comme l'un des principaux bailleurs de fonds de l'aide humanitaire apportée aux Sahraouis. Entre 1993 et 2016, la Commission européenne a consacré 222 millions d'euros d’aide humanitaire à cette crise, a précisé le service ECHO.

Sur les 9 millions d'euros investi par la Commission européenne, en 2016, dans l’amélioration des conditions de vie des réfugiés sahraouis, l’aide alimentaire demeure une composante importante de ce financement : plus de 5 millions d'euros ont été alloués au Programme alimentaire mondial de l’ONU et à Oxfam, pour garantir l’approvisionnement en vivres de ces réfugiés. (SPS)

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