La décision de la Cour africaine est une attestation du statut juridique du conflit (diplomate)

Bruxelles, 29 sept 2022 (SPS) Le représentant du Front Polisario en Europe et à l'Union européenne (UE), Oubi Bouchraya Bachir a déclaré, jeudi, que la dernière décision historique de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples est une attestation du statut juridique du conflit au Sahara Occidental, soulignant que la prochaine étape de la bataille juridique consisterait en la mise en application des décisions, tant africaines qu'européennes.

Dans une déclaration à l'APS, M. Oubi Bouchraya a précisé que "le point le plus important de la décision de la Cour africaine consiste en le fait qu'elle soit africaine", la question sahraouie étant présentée, pour la première fois, devant une instance judiciaire aussi importante que la Cour africaine, ajoutant que "le résultat a été remarquable, la Cour ayant associé la lutte du peuple sahraoui au contexte de libération en Afrique".

La Cour africaine avait affirmé que le droit à l'autodétermination et à l'indépendance du peuple sahraoui est une réalité juridique indiscutable et que les pays africains doivent œuvrer à la mise en œuvre de cette loi.

Dans le même contexte, le diplomate sahraoui a jugé que cet arrêt "dépasse l'attestation du droit à l'autodétermination et 'indépendance, vers une reconnaissance de la réalité de l'occupation partielle des territoires de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), et la revendication d'y mettre un terme", ajoutant que la Cour africaine a reconnu l'obligation des Etats membres de l'Union africaine (UA) de façon individuelle et collective, de faire montre de solidarité avec le peuple sahraoui dans son combat légitime vers l'indépendance, tout en exigeant de ces Etats, de s'abstenir de tout ce qui pourrait entraver l'exercice par le peuple sahraoui de son droit inaliénable à la souveraineté et à l'intégrité des territoires de la République sahraouie.

De ce fait, le même intervenant ajoute que l'arrêt de la Cour Africaine, en comparaison avec ceux de la Cour européenne, "représente une grande évolution et complément important à l'ensemble des victoires du peuple sahraoui dans son combat légal", ajoutant que "si le Front Polisario est le centre de la représentation légitime du peuple sahraoui vis-à-vis de la Cour européenne, la RASD, sa souveraineté et son unité territoriale sont le pivot de la représentation et de la concrétisation pratique du droit du peuple sahraoui et ses ambitions légitimes, dans le cadre des combats des peuples africains, pour la Cour de Justice africaine".

Par ailleurs, le diplomate explique que "les décisions de Justice émanant de Cours africaine et européenne se complètent, dans le sens de la consolidation du droit du peuple sahraoui, sa préservation et sa consécration, étant un droit légitime, indiscutable et non négociable".

"Grâce à l'arme du droit et de la légalité, nous avons pu annuler la mise en œuvre des accords de partenariat économique entre le Maroc et l'Union européenne, qui incluent nos territoires occupés et pillent nos richesses", a-t-il précisé.

Cet arrêt permettra à la République sahraouie de contrecarrer les manœuvres de l'occupation marocaine visant à impliquer des pays africains pour légitimer son occupation du Sahara occidental, comme c'est le cas avec la question des consulats dans les villes occupées, qui constituent une violation flagrante des droits international et africain, a-t-il ajouté.

Pour le représentant du Front Polisario, la bataille juridique "fait partie intégrante de la résistance nationale globale qui a récemment enregistré des percées sur le plan militaire, diplomatique et des droits de l'homme".

"Les efforts se poursuivront, lors de la prochaine étape, pour faire appliquer les arrêts africain et européen sur le terrain et pousser ainsi l'occupation dans ses derniers retranchements", a-t-il expliqué, ajoutant qu'"il s'agit de faire comprendre à l'occupation que les ressources financières qu'elle utilisent pour se financer s'amenuisent par la force du droit et de la légalité et qu'elle ne peut plus continuer à tromper l'opinion publique marocaine et internationale". (SPS)

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