Le Zimbabwe réitère son appui à l’autodétermination du peuple sahraoui

New York, 04 nov 2020 (SPS) Le Zimbabwe a réitéré son appui à l’autodétermination du peuple sahraoui, appelant l’Assemblée générale de l'ONU à rejeter les tentatives de certaines parties de dévier le conflit du Sahara occidental de son cours tel qu'elle l’avait établi dans sa résolution sur la décolonisation.

S’exprimant mardi devant la Commission des Politiques Spéciales et de décolonisation (quatrième commission) des Nations Unies, le représentant permanent du Zimbabwe auprès de l’ONU, Frederick Mussiwa Makamure Shava, a réaffirmé l’appui de son pays au droit inaliénable du peuple du Sahara occidental à l'autodétermination et à l'indépendance conformément à la résolution 1514 de l'Assemblée générale de 1960. "Nous demandons donc vigoureusement aux puissances administrantes de prendre les mesures nécessaires pour faciliter l'autodétermination des peuples des 17 territoires non autonomes".

Le diplomate zimbabwéen a jugé "préoccupant que 57 ans après la décision sur le statut de non-autonome du territoire sahraoui et 44 ans après le début du conflit du Sahara occidental en 1976, tous les efforts visant à trouver une solution pacifique ont jusqu'à présent échoué".

A cet effet, "l'Assemblée générale des Nations Unies devrait rejeter les tentatives de certaines parties de dévier la décolonisation du Sahara occidental de son cours tel qu'établi par la résolution de l'Assemblée générale sur la décolonisation", a-t-il préconisé.

Frederick Mussiwa Makamure Shava, a rappelé dans ce sens, qu'après approbation par les deux parties au conflit, le Front Polisario et le Maroc, du Plan de règlement élaboré conjointement par les Nations Unies et l'Organisation de l'unité africaine (OUA), le Conseil de sécurité des Nations Unies avait créé, sous son autorité, la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) en avril 1991. Cette mission avait été créée pour permettre au peuple sahraoui d'exercer son droit légitime à l'autodétermination et à l'indépendance par le biais d'un référendum libre, juste et impartial.

"Il est triste que vingt-neuf (29) ans plus tard, la MINURSO n'ait pas été en mesure d'organiser un référendum et que le peuple du Sahara occidental attend toujours une occasion d'exercer son droit inaliénable à l'autodétermination", a-t-il regretté.

"Les enfants nés dans les camps de réfugiés au début du conflit sont devenus des adultes alors que le peuple du Sahara occidental continue de demander l'aide des Nations Unies pour faciliter leur autodétermination", s’est-il indigné.

Compte tenu des souffrances prolongées du peuple sahraoui dans les territoires occupés et dans les camps de réfugiés, le représentant du Zimbabwe, a dit que sa délégation ne dispose d’autres choix que d’"insister sur l'urgence de parvenir à une solution pacifique, juste et durable de la question du Sahara occidental".

A cet effet, il a appelé le Conseil de sécurité à "appliquer ses résolutions et à prendre toutes les mesures à sa disposition pour mettre fin à l'occupation illégale de certaines parties du Sahara occidental et insister pour la tenue d'un référendum d'autodétermination sans délai, conformément aux décisions de l'Union africaine et les résolutions des Nations Unies".

Il a demandé, en outre, aux Nations Unies d'"assumer pleinement leurs responsabilité de protéger les droits de l’Homme au Sahara occidental et de préserver l'intégrité territoriale du territoire", invitant à ce titre, le Conseil de sécurité à "inclure la surveillance des droits de l’homme et des enquêtes sur ce sujet dans le mandat de la MINURSO".

Par conséquent, il demande au Conseil de sécurité "de veiller à ce que la MINURSO maintienne son impartialité et son indépendance et opère conformément aux principes et règles de base du maintien de la paix des Nations Unies".

A cette occasion, la mission du Zimbabwe demande également au Secrétaire général de nommer sans tarder un nouvel Envoyé personnel pour poursuivre le processus de paix suite à la démission de M. Horst Kohler en mai 2019.

En conclusion, le diplomate zimbabwéen a appelé les deux parties, le Front Polisario et le Maroc, à reprendre les négociations directes sans conditions comme demandé par le Conseil de sécurité dans ses résolutions pertinentes. (SPS)

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