Le président de la République dénonce l'organisation par le Maroc d'un Forum à El Ayoune occupée

Bir Lahlou (territoires sahraouis libérés), 26 oct 2018 (SPS) Le président de la République, Brahim Ghali, a appelé l'ONU à prendre des mesures urgentes pour mettre fin à l'attitude irresponsable du Maroc envers sa charte, ses décisions et sa crédibilité, dénonçant avec force la détermination des autorités marocaines à organiser en début novembre "un forum d'affaires Maroc-France" dans la ville occupée d'El Ayoune.

Dans une lettre adressée au SG de l'ONU, Antonio Guterres, le président Brahim Ghali a dénoncé avec force les agissements marocains, affirmant que la tenue de ce genre d'évènement par le Maroc dans la ville occupée d'El Ayoune sous la supervision directe du roi Mohamed V "dénote l'absence d'une volonté réelle et sincère auprès de la partie marocaine pour coopérer avec vos efforts et ceux de votre envoyé personnel Horst Kohler".

Le président de la République a dénoncé également les atermoiements de l'occupant marocain qui profite "du mutisme injustifié de l'ONU pour poursuivre sa politique expansionniste hostile".

"Face à ces agissements provocateurs illégaux et immoraux, nous exhortons l'ONU à accélérer la prise de démarches urgentes pour contrer des agissements du Maroc qui fait fi de la charte et des décisions onusiennes".

Il a rappelé que "depuis le début de l’occupation militaire marocaine illégale du Sahara Occidental, le 31 octobre 1975, l’Etat marocain n’a jamais cessé ses politiques dangereuses visant à changer la situation à son profit de manière systématique, rapide et globale dans tous les domaines militaire, civil, politique, économique, social, démographique et autres".

Le président de la République a évoqué les activités et actions menées par l'occupant marocain qui "viole la Légalité internationale et le Droit humanitaire international", en pillant les richesses naturelles du Sahara occidental et en organisant des élections et forums économiques dans une région non soumise à son autorité.

Il a rappelé, dans ce sens, "la grave violation de l'accord de cessez-le-feu et des accords militaires y afférentes, par l'ouverture d'un terminal au niveau de Guerguerate, principale source de l'escalade enregistré ces derniers temps".

Après avoir condamné la détermination des autorités marocaines à organiser en novembre leur "Forum d'Affaires Maroc-France" dans la ville occupée d'El Ayoune, après avoir organisé le Forum de Crans Montana dans la ville occupée de Dakhla, le Président Ghali a déploré le fait que "le France, pays des libertés et des droits de l'homme, soit partie de cette rencontre en et défie le Conseil de Sécurité onusien où elle occupe le siège de membre permanent".

En janvier dernier, lors du dernier Sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UA tenu à Addis-Abeba, les appels pour la mise en oeuvre de la déclaration adoptée, lors de sa 24e session tenue à Addis-Abeba du 30 au 31 janvier 2015, concernant le Forum Crans Montana, organisation basée en Suisse, ont été réitérés afin de s'abstenir d'organiser des sessions dans la ville de Dakhla, au Sahara occidental occupé. 

Un appel a également été lancé aux Etats membres et aux organisations de la société civile africaine à boycotter le prochain forum.

Le président sahraoui a réaffirmé, dans sa lettre, que la présence du Maroc sur les territoires sahraouis, tel que précisé dans les décisions de l’Assemblée générale du Conseil de sécurité (CS), de la Cours de justice internationale (CJI) et la cours de justice européenne (CJUE) entre autres, est une occupation militaire illégale, et que l’organisation de toute activité ou festivité organisée par l’occupant marocain dans les territoires sahraouies occupés constituent un acte offensif et provocateur qui va à l'encontre du droit international, du droit humanitaire international et du droit européen.

La CJUE a affirmé clairement dans ses arrêts notamment de décembre 2016 et février 2018, que le Sahara occidental et le Maroc étaient deux pays distincts et séparés et que l’exploitation des richesses sahraouies était un acte illégal sans l'aval du peuple sahraoui sous la direction de son seul représentant légal "le Front Polisario". (SPS)

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