Deux avocates du groupe de Gdeim Izik interdites d'entrer au Maroc, l'AARASD dénonce "ce mépris du droit"

Paris, 13 fév 2018 (SPS) Les deux avocates, Ingrid Metton et Olfa Ouled, du groupe des 24 militants sahraouis de Gdeim Izik, détenus au Maroc depuis plus de sept ans, ont été interdites lundi d'entrer au Maroc, a-t-on appris mardi.

Les deux avocates, du barreau de Paris, qui avaient défendu les militants sahraouis lors des audiences de leur procès en appel, entre janvier et mai 2017, à la Cour d’appel de Rabat-Salé, ont voulu rendre visite à leurs clients suite à des informations faisant état des mauvais traitements qu’ils auraient subis en prison.

Dix-neuf militants sahraouis, rappelle-t-on, ont été lourdement condamné le 19 juillet 2017, au terme de ce procès où les seules preuves présentées restent des aveux signés sous la contrainte. Les prisonniers politiques sahraouis ont été dispersés dans 7 prisons à travers le territoire marocain.

Un fois arrivées lundi soir à l’aéroport de Casablanca, la police des frontières n’a pas voulu laisser les deux avocates rentrer. Elles ont été interpellées à la descente de leur avion par des agents en civil "qui ne leur ont donné aucune décision motivée ni explication", a-t-on indiqué.

L'Association des Amis de la République arabe sahraouie démocratique (AARASD), qui a réagi mardi dans un communiqué, a dénoncé "ce mépris du droit", qualifiant cette "rétention dans droit" de "surprenante".

"Il s’agit typiquement d’une rétention sans droit, surprenante quand on sait qu’il existe une Convention d’entraide judiciaire entre le Maroc et la France", a-t-elle expliqué, indiquant que les deux avocates ont été retenues toute la nuit à Casablanca et qu’elles devraient être expulsées par un prochain avion vers Paris.

"Nous dénonçons ce mépris du droit par les autorités marocaines et demandons aux autorités françaises qu’elles fassent tout pour que les avocates Ingrid Metton et Olfa Ouled retrouvent la pleine liberté d’exercer leur métier, dans le cadre de la Convention qui lie le Maroc et la France", a conclu l'AARSD.

Un collectif international de 17 avocats avait interpellé, en novembre dernier, le Premier ministre français Edouard Philippe ainsi que ses ministres sur les conditions de détention "alarmantes " des prisonniers politiques sahraouis.

Dans un appel, les avocats français, belges, espagnols, italien et allemands, avaient indiqué que l’état de santé de plusieurs des prisonniers politiques sahraouis détenus aux Maroc est "très préoccupant", parce qu’ils ne reçoivent plus, selon eux, les traitements médicaux adaptés à leurs pathologies.

Les prisonniers "sont aujourd’hui encore soumis à de traitements inhumains et dégradants de la part des geôliers marocains", avaient-ils fait savoir précisant que plusieurs d’entre eux sont détenus avec des prisonniers "violents" et craignent pour leurs vies. (SPS)

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