Sahara Occidental : une multinationale suisse met fin à ses projets d’exploration pétrolière illégale (WSRW)

Londres, 25 jan 2018 (SPS) La multinationale suisse Glencore a mis fin à toutes ses activités illégales d’exploration pétrolière dans les eaux territoriales du Sahara Occidental occupé par le Maroc, a rapporté l’observatoire des ressources du Sahara Occidental (WSRW) dans un  communiqué.

Glencore, la plus grande compagnie étrangère présente au Sahara Occidental depuis 2013, a renoncé à sa licence d'exploration du bloc Boujdour Offshore Shallow, souligne la même source.

Le retrait de la compagnie des eaux territoriales sahraouies s'est fait suite à la demande de plusieurs investisseurs internationaux, qui ont refusé de s’impliquer dans ses projets illégaux du fait qu’ils étaient prévus dans un territoire occupé, explique l'observatoire.

De nombreuses banques et bailleurs de fonds ont placé Glencore sur leur liste noire au cours de l’année dernière, ajoute-t-il.

En mai 2017, la compagnie avait déjà exprimé, dans une déclaration aux médias suisses, son intention de mettre fin à ses activités au Sahara Occidental.

WSRW avait rapporté alors que Glencore a cédé ses parts estimés à 18,75 pc du bloc Foum Ognit, et qu’elle avait exprimé son intention de se retirer du bloc Boujdour Offshore Shallow.   

L'observatoire a salué la décision de Glencore, relevant que les accords signés avec le Maroc pour l'exploration pétrolière au Sahara Occidental sont "fondamentalement contraire à l'éthique".

Le retrait de Glencore, affirme l’observatoire, "peut contribuer au processus de paix" .

"Tant que le Maroc continue de signer des accords avec des entreprises étrangères pour l’exploration pétrolière dans le territoire qu'il occupe, il rejettera toute proposition onusienne de négociation", a déclaré Sylvia Valentin, de WSRW.

L’observatoire rappelle que le droit international exige que toute exploitation des ressources du Sahara Occidental, qui est un territoire occupé, doit avoir au préalable le consentement du peuple sahraoui, or, ce dernier n’est jamais consulté par l’occupant marocain.

Il rappelle à cet égard, qu’en octobre 1975, la Cour internationale de Justice a rejeté les revendications territoriales du Maroc sur le Sahara occidental et a reconnu le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination.

Il note également qu’un jugement de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 21 décembre 2016, stipule que les accords commerciaux conclus entre Rabat et ses partenaires européens sont illégaux car ils ne devraient pas inclure le Sahara Occidental du fait que c’est un territoire distinct du Maroc.

WSRW rappelle aussi qu’une décision juridique de l’ONU de 2002 énonce qu'aucune exploration pétrolière ne peut avoir lieu sans le consentement du peuple sahraoui.

Des compagnies continuent de transgresser le droit international en poursuivant leur collaboration avec le Maroc dans l’exploration pétrolière au Sahara Occidental.

Il s’agit de l’Américain Kosmos Energy et des Britanniques Cairn Energy et San Leon Energy. (SPS)

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