Sahara Occidental : Siemens interpellé par WSRW sur son implication dans des projets illégaux

Londres, 17 déc 2017 (SPS) L’observatoire des ressources du Sahara Occidental (WSRW) a interpelé encore une fois, le groupe international Siemens sur son implication dans la majorité des projets marocains illégaux d’énergie éolienne dans les territoires sahraouis occupés.

WSRW a fait savoir dans un communiqué publié samedi, qu’il a de nouveau adressé une lettre à Siemens dans laquelle il a demandé à l’entreprise si elle a obtenu l'autorisation du peuple du Sahara Occidental avant de s'impliquer dans presque tous les projets d'énergie éolienne Marocains dans les territoires occupés, comme l’exige le droit international.

La lettre de WSRW envoyée le 7 décembre "répète une seule et même question à Siemens, reprenant pour l'essentiel une question que Siemens continue d'esquiver : le peuple du Sahara Occidental a-t-il donné son accord pour que les éoliennes de Siemens soient installées sur leurs terres ?", précise le communiqué.

Dans un précédent rapport, WSRW avait relevé que le Maroc envisage de construire encore plus de parcs éoliens au Sahara Occidental occupé, confiés à Nareva, la société d'énergie éolienne, propriété du roi marocain, et Siemens, le géant allemand d'ingénierie.

Il rappelle dans son dernier communiqué qu’en décembre 2016, le Maroc a lancé un appel d'offres pour installer un réseau d'électricité à très haute tension dans le Sahara Occidental, un territoire illégalement occupé par le Maroc depuis 1975.

Le projet envisage de relier deux parcs éoliens : l'usine d'Aftissat (200 MW) et la ferme de Boujdour (400 MW), qui seront construites illégalement au Sahara Occidental occupé.

Les travaux à Aftissat sont déjà en cours, et la société britannique Windhoist est actuellement en train d'ériger 56 éoliennes Siemens-Gamesa, fruit de la fusion entre Siemens Wind Power et l’entreprise espagnole Gamesa en avril dernier, souligne l'observatoire.

Il précise que ce projet fait partie d’un programme qui comprend également la construction de cinq parcs éoliens dont deux au Sahara Occidental, le premier à Boujdour et le second à Tiskrad, une ville proche d'El Aaiun, la capitale du Sahara Occidental occupé.

Le géant Siemens est impliqué dans pratiquement tous les parcs éoliens du territoire occupé, affirme encore une fois l’observatoire.

L'entreprise allemande a fourni des pièces d'éoliennes pour le parc opérationnel de Foum el Oued, a remporté l'appel d'offres pour la construction du parc éolien de Tiskrad et de Boujdour, et fournit également les pièces nécessaires à la construction du parc éolien d'Aftissat, relève WSRW.

L’observatoire rappelle encore une fois, qu’avec les nouveaux parcs éoliens prévus à Boujdour, plus de 40% de l’énergie éolienne du Maroc sera produite illégalement dans les territoires occupés du Sahara Occidental.

Pour rappel, la présidente de WSRW, la britannique Joanna Allan, avait affirmé dans une étude diffusée l’année dernière par la revue britannique The Journal of North African Studies, que les sociétés complices avec le Maroc dans l’exploitation des richesses du Sahara occidental occupé contribuent à prolonger le conflit opposant le Maroc et le Front Polisario et privent le peuple sahraoui de ses droits à une vie décente.

Joanna Allan a souligné que le peuple sahraoui souffre alors que sa richesse est dépouillée par des firmes complices avec l’occupant marocain.

L'étude a relevé que dans les territoires du Sahara Occidental, l’occupant marocain exploite le phosphate, le poisson, les produits agricoles, le sel, le sable et  l'énergie éolienne, ne laissant aucune chance aux sahraouis d’en bénéficier.

WSRW considère cette exploitation illégale comme une atteinte aux droits du peuple sahraoui puisque la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental n’est pas reconnue par la communauté internationale, et il s’agit d'une question de décolonisation d'un territoire occupé par une force étrangère.

A noter que le droit international interdit à une puissance occupante d’exploiter les ressources naturelles du pays occupé sans le consentement des peuples autochtones.(SPS)

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