Le Maroc appelé à coopérer avec le successeur de Ross et respecter ses propres engagements

Alger, 13 mars 2017 (SPS) Le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, a déclaré lundi à Alger, que le Maroc est appelé à coopérer avec le successeur de Chrostopher Ross, et respecter ses propres engagements souscris, signés et solennellement acceptés.

"Le problème qui se pose aujourd'hui ne réside pas dans les candidatures au poste de représentant de l'ONU et/ou celui du futur envoyé personnel du secrétaire général au Sahara occidental, mais dans ce que réservera le Maroc comme suite au travail de la prochaine équipe de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum d'autodétermination au Sahara occidental (Minurso)", a souligné M. Ouled Salek lors d'une conférence de presse qu'il a animée à l'ambassade Sahraouie à Alger.

"Est-ce que le Maroc va coopérer avec les Nations unies et honorer ses propres engagements souscris, signés et solennellement acceptés, à savoir, le plan de règlement auquel avait abouti les deux parties (le Front Polisario et le Maroc) en 1991?", s'est-il interrogé.

"La France va-t-elle permettre au Conseil de sécurité d'assumer ses responsabilités et donc donner l'ordre à la Minurso de finaliser son mandat qui n'est autre que l'organisation d'un référendum d'autodétermination ?", a-t-il enchaîné.

Le ministre a fait remarquer, que "dans le contexte actuel il n'est pas possible de parler de la volonté du Maroc de coopérer avec les Nations unies sur cette question, à savoir une entente sur le successeur de M. Ross, qui sera accepté par les deux parties".

Toutefois, a-t-il ajouté," la presse a évoqué deux prétendants pour remplacer M. Ross. Il s'agit de John Bolton, ancien représentant américain aux Nations unies à l'ONU et l'ancien MAE espagnol, Miguel Moratinos.

Mais pour le chef de la diplomatie sahraouie, "ce ne sont que des spéculations médiatiques, émanant des médias marocains surtout".

Dans cette optique, le ministre a expliqué que "Christopher Ross est lié à l'ONU par un contrat qui prend fin vers la fin mars, et habituellement, avec l'arrivée d'un nouveau secrétaire général de l'ONU, tous les envoyés spéciaux présentent leurs démissions au chef de l'ONU. Il appartient donc à ce dernier d'accepter ou de rejeter la demande".

"En dehors de l'éventualité selon laquelle Christopher Ross aurait présenté sa démission ou contraint de le faire, nous avons constaté que le travail de l'envoyé spécial et l'ex secrétaire général, Ban Ki-moon, et le fonctionnement de l'ensemble des instruments/outils de l'ONU ont été entravés par le Maroc", a regretté M. Ould Salek.

De ce fait, a-t-il soutenu, "on peut dire, que le départ de Ross est un message de dénonciation de la position marocaine et de consternation quant à la complicité de certains membres du Conseil de sécurité avec l'occupant marocain".

"Ross a tenté, à travers des rencontres avec des parties (...) pour pousser l'Espagne et la France en particulier, à oeuvrer pour convaincre le Maroc de lever les entraves devant les efforts du Secrétaire général des Nations unies" en vue d'un règlement du conflit", a-t-il dit.

S'agissant de la situation à Guerguerat, le ministre a affirmé que ce que le Maroc a annoncé à propos du retrait de ses troupes de la zone "est faux". "Les autorités marocaines essayent d'induire l'opinion publique internationale en erreur comme quoi il a fait un geste en retirant ses troupes, mais ce n'est pas le cas", a-t-il affirmé.

Les troupes marocaines sont toujours à Guerguerat

"Le Maroc a ouvert, unilatéralement et en violation des termes du cessez-le-feu conclu avec le Front Polisario sous les auspices des Nations unies, une porte qui lui permet de faire du commerce et de se comporter dans les zones occupées comme s'il s'agissait de son propre territoire". "Cela constitue une violation du cessez-le-feu", a-t-il martelé.

"Les troupes marocaines sont toujours à Guerguerat et veillent sur cette brèche ouverte illégalement dans le mur de défense qui constitue la ligne de démarcation entre les troupes marocaines et sahraouies depuis 1991", a-t-il expliqué, rappelant que "cette route avait été déjà dénoncée par les Nations unies au début des années 2000".

Il a, à cet effet, appelé, "les Nations unies et  la Minurso à veiller à ce que l'accord militaire entre le Front Polisario et le Maroc concernant le cessez le feu soit respecté et que l'ONU doit assumer entièrement ses responsabilités dans cette affaire".

C'est au fait, a-t-il noté, "cette complicité au sein du Conseil de sécurité qui se trouve derrière l'échec des tentatives de la communauté internationale".

Les entraves dressées par le Maroc, soutenu par des pays influents, ont été la cause de démission d'employés de l'ONU comme l'avait fait James Baker et avant lui, Peter Van Walssun, qui avait déclaré à l'époque: "je refuse d'être un employé au Maroc". (SPS)

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