La Suède affirme son soutien à l'organisation du référendum d'autodétermination au Sahara occidental

Stockholm, 21 nov 2020 (SPS) La ministre suédoise des Affaires étrangères, Mme Ann Linde a fait part de sa profonde inquiétude concernant les derniers développements dans la région d'El-Guerguerat au Sahara Occidental, affirmant que le Gouvernement de Suède soutient entièrement les efforts des Nations unies pour l'apaisement et l'organisation du référendum, étant le seul moyen à même de garantir l'expression libre du peuple sahraoui, comme le stipulent les décisions internationales.

Répondant à une question du député, Luta Johnson, la cheffe de la diplomatie suédoise a déploré le fait que " le référendum qui devra être organisé pour déterminer la situation finale du Sahara Occidental n'a pas eu lieu", mettant l'accent sur la nécessité et l'importance d'" aller de l'avant dans la reprise du processus politique supervisé par l'ONU".

Mme Linde a abordé le dernier rapport de son ministère sur les droits de l'Homme, la démocratie et la primauté de la Loi au Sahara Occidental, publié en juin 2020, lequel a fait état , a-t-elle rappelé, de violations des droits de l'Homme dans le territoire, "particulièrement à l'encontre des partisans de l'autodétermination pour le peuple sahraoui", ce qui est a été confirmé même par l'ONU au sujet d'arrestations arbitraires de partisans de l'autodétermination et de condamnations à des peines de prison à l'encontre de journalistes en raison de leur couverture des manifestations".

A ce propos, Mme Linde indique que " le dialogue en cours au niveau européen avec le Maroc inscrit la démocratie et les droits de l'Homme, parmi les composantes importantes, chose qui a été soulevée en 2019", a-t-elle ajouté.

Selon la ministre, la Suède a mis l'accent sur " les difficultés rencontrées par les représentants des droits de l'Homme lors de l' Examen périodique universel (EPU) du Maroc devant le Conseil des droits de l'Homme qui relève de l'ONU" et a recommandé d'en observer les recommandations et d'assurer le respect de la liberté d'expression, de la presse, de manifester et de constituer les associations, y compris pour les personnes qui ont exprimé leur point de vue sur le Sahara Occidental".

La ministre précise que "son pays estime qu'il est de son devoir d'inclure la surveillance des droits de l'Homme dans le mandat de la mission Minurso", ajoutant que " la Suède a contribué lors de la période de son mandat au sein du Conseil de sécurité dans plusieurs des décisions concernant la mission et autres sujets, comme la situation humanitaire dans les camps de réfugiés sahraouis, la consolidation de la coopération entre les deux parties et le bureau de l'ONU des droits de l'Homme et l'implication de la femme au processus politique ".

Concernant l'existence de contacts avec l'Espagne concernant sa responsabilité au Sahara Occidental, en tant qu'ancienne puissance coloniale, la ministre a indiqué que " la Suède maintient un dialogue continu avec les représentants de l'Espagne sur la situation au Sahara Occidental, notamment au niveau de l'ONU, d'autant que la position suédoise est claire à ce propos".

"Tout en réitérant la poursuite du soutien à l'action des Nations unies visant à concrétiser une solution négociée, juste, durable et acceptée par les deux parties, à même de garantir le droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, Stockholm estime qu'il est nécessaire, à plus d'un titre, de hâter la nomination d'un envoyé du Secrétaire général de l'ONU en vue de reprendre le processus politique", a soutenu Mme Linde.

Commentant la réponse de la ministre suédoise des Affaires étrangères, le membre du parlement suédois, Lute Johnson a estimé que " les derniers développements et les raisons ayant mené à l'effondrement du cessez-le-feu résultent directement de l'échec évident de l'ONU et du Conseil de sécurité à imposer l'organisation du référendum". (SPS)

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