Baisse record des exportations de phosphates pillés dans le Sahara Occidental

Londres, 24 fev 2020 (SPS) Les exportations de phosphates pillés dans le Sahara Occidental sont tombées l’année dernière à leur plus bas niveau depuis 2012 au moment où les commandes américaines de ce minerai, illégalement exploité par le Maroc, connaissent un tarissement, relève un nouveau rapport de l’Observatoire Western Sahara Ressources Watch (WSRW), publié lundi.

Selon l’édition 2020 de ce rapport documentant le commerce des phosphates du Sahara Occidental occupé, le volume total des exportations en 2019 a baissé de presque de moitié à 1,03 million de tonnes, expédiés par 19 vraquiers, et représentant environ 90,4 millions de dollars.

En 2018, ces exportations avaient atteint 1,9 million de tonnes, d’une valeur de 164 millions de dollars.

"C'est le montant le plus bas jamais enregistré. Comparées à 2018, les exportations ont pratiquement diminué de moitié", commente l’observatoire, en exhortant toutes les entreprises impliquées dans ce commerce à cesser immédiatement tout achat de phosphates du Sahara Occidental jusqu’à ce qu’une solution au conflit soit trouvée et que le peuple sahraoui ait pu exercer son droit fondamental à l’autodétermination.

L’observatoire attribue cette baisse significative au retrait de la compagnie canadienne Nutrien, qui en septembre 2018 a mis fin à ses importations de phosphates prélevés dans la mine de Bou Craa au Sahara Occidental.

Cela a marqué aussi la fin de décennies d’importation en Amérique du nord des phosphates du territoire sahraoui. Ces achats représentaient environ 50% de la production de la mine de Bou Craa, gérée par l'Office Chérifien des Phosphates SA (OCP), rappelle-t-on de même source.

"Maintenant que l’or blanc du Sahara occidental n’est plus exporté vers l’Amérique du Nord, seules quelques compagnies sont encore liées à ce commerce litigieux", relève WSRW qui met en lumière les entreprises impliquées dans l’importation et le transport controversés de ce minerai.

Des entreprises sont même impliquées dans les aspects techniques de l’exploitation par le Maroc du minerai : Continental, Siemens, Worley et Epiroc/AtlasCopco, souligne-t-il.

Le rapport note que depuis que des navires transportant du phosphate du Sahara Occidental ont été arrêtés au Panama et au Cap en 2017, pas une seule cargaison n'a transité par le cap de Bonne-Espérance ou par le canal de Panama.

Le minerai de phosphate illégalement exploité par le Maroc au Sahara Occidental représente la plus grande source de revenus pour le gouvernement marocain dans ce territoire non autonome.

Le Maroc utilise le phosphate de Bou Craa dans son lobbying politique afin gagner le soutien d’autres pays à son occupation illégale.

Le Front Polisario, seul représentant légitime du peuple sahraoui, s’est toujours ouvertement opposé à ce pillage, et l’a exprimé devant l'ONU, à toute occasion, et aux entreprises concernées.

La prétendue revendication de souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental n'est reconnue par aucun Etat, ni par l'ONU. Cette revendication a été rejetée par la Cour Internationale de Justice. (SPS)

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