Les familles des prisonniers de Gdeim Izik dénoncent les méthodes menées par les autorités marocaines pour dissimuler la vérité

El Aaiun occupée, 16 oct 2017 (SPS) Le comité des familles des prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik a dénoncé les méthodes menées par les autorités marocaines visant à dissimuler la vérité concernant l'affaire, en particulier après avoir dispersé un sit-in organisé par les familles des détenus et appelé la communauté internationale à faire preuve de solidarité envers les détenus et leurs familles, a indiqué un communiqué du collectif.

Le comité a fait part de sa "dénonciation maximale de toutes les méthodes du Makhzen marocain pour dissimuler la vérité devant le monde en particulier après avoir dispersé le sit-in organisé par les familles des détenus", réaffirmant sa détermination à "continuer via toutes les méthodes pacifiques de lutte jusqu'à leur libération".

Les familles ont exhorté, en outre, "la Direction générale des prisons marocaines à assumer la responsabilité de tout danger pouvant menacer la santé physique ou psychologique des détenus". "Nous prétendons garantir inconditionnellement tous leurs droits et leur transfert au Sahara Occidental", a-t-on ajouté de même source.

"Nous appelons toutes les organisations internationales de défense des droits de l'homme à nous soutenir en ces temps difficiles pour nous et pour nos enfants détenus", a lancé le comité, tout en appelant la population sahraouie à le soutenir dans toutes les formes de lutte qu'il a menées.

 Les autorités marocaines ont dispersé, le 10 octobre dernier, un sit-in observé devant le siège de la Délégation générale à l'administration pénitentiaire marocaine par les familles des prisonniers politiques, pour protester contre le transfert forcé des détenus politiques sahraouis le 16 septembre 2017 dans différentes prisons éloignées de leur patrie et de leurs familles, a rappelé le comité.

Elles ont chargé "des officiers en tenue civile et en uniforme de mener  une intervention brutale, après laquelle de nombreuses victimes sont tombées parmi les membres de la famille et des personnes solidaires dont des défenseurs des droits de certains victimes ont été emmenés à l'hôpital après s'être évanouis", a dénoncé également le comité.

Il convient de noter, a souligné le comité, que les familles des prisonniers politiques sahraouis ont organisé une série de manifestations pacifiques dans la région d’El Aaiun occupée et à Rabat (Maroc) pour dénoncer le fait que leurs enfants soient forcés de déménager dans différentes prisons où ils reçoivent de mauvais traitements, et pour garantir tous leurs droits garantis à la fois par le droit international et par le code marocain régissant les prisons.

En effet, a ajouté le collectif, "ce qui a été déclaré dans un communiqué publié par la délégation générale de la direction pénitentiaire le 11 octobre 2017 en réponse au président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en ce qui concerne les circonstances de l'arrestation des Sahraouis détenus (...) ne traduit pas la réalité des conditions d'arrestation des prisonniers politiques groupe Gdeim Izik, et dénie ce qui est arrivé aux familles comme mauvais traitements  pendant leur sit-in".

"Nous souhaitons faire savoir que la majorité des détenus politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik sont en grève de la faim à cause de la privation de leurs droits légitimes" et "nous tenons à réitérer notre fermeté à défendre le droit à l'autodétermination du peuple du Sahara occidental conformément aux résolutions de l'ONU et de Conseil de sécurité", a conclu le comité.

Après un procès inique qui a duré 7 mois, le tribunal de l'occupant marocain avait prononcé, juillet dernier des peines allant de deux ans de prison ferme à la perpétuité à l'encontre de 23 prisonniers sahraouis arbitrairement détenus.

 Les militants sahraouis défendant l'indépendance du Sahara occidental conformément au droit international, ont été arrêtés en 2010 à l'issue de manifestations de protestation contre la tentative marocaine de démantèlement par la force du camps de Gdeim Izik au Sahara occidental.(SPS)

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